Les biotechnologies rouges (26/11/2014)

Le mercredi 26 novembre 2014, InterPharma vous a proposé une conférence sur les Biotechnologies Rouges, qui sont les biotechnologies pour la santé.

Pour nous parler de ce sujet d’actualité, nous avons eu le plaisir de recevoir deux intervenants de qualité :

  • Monsieur Hervé Watier, professeur des universités en immunologie et praticien hospitalier au CHU de Bretonneau
  • Monsieur Patrick Hibon De Frohen,  pharmacien et Vice-Président Exécutif du groupe IMT

Intervention du Professeur Watier :

– L’historique au niveau de la ville de Tours, des biotechnologies et cela incluait Phillipe Maupas qui travaillait à l’époque sur le virus aphteux.
– La différence entre les médicaments vivants qui sont non industrialisables (sauf les vaccins vivants) et les biomédicaments qui sont eux inertes, industrialisables, ce sont ces derniers qui vont concerner l’industrie pharmaceutique.
– Les biomédicaments sont la plupart du temps des macromolécules biodégradables (pas de risque environnemental) et ils s’administrent en injectable. Ils permettent une diminution des risques chimiques, biologiques et immunologiques. Ce sont pour une grande majorité des protéines recombinantes produites par des cellules génétiquement modifiées cultivées en milieu confiné. Parmi eux, on trouve les anticorps monoclonaux thérapeutiques permettant de pratiquer des thérapies ciblées dans domaines d’applications tels que l’oncologie, l’hématologie et la rhumatologie.
– Actuellement 350 molécules sont en essais clinique.
– Les biomédicaments représentent 17 % du marché actuel. Ils sont utilisés dans de nombreuses classes pharmacologiques telles que l’hématologie, la cancérologie, l’endocrinologie…La France est très en retard dans ce domaine par rapport à d’autres pays européens et souffre d’une pénurie de chercheurs. Cependant les perspectives de nouveaux marchés sont importantes : par exemple, certains biomédicaments ont des indications dans l’ostéoporose ou le vieillissement maculaire, ce qui dans une population vieillissante concernera  de nombreux patients.
– L’Etat français, en 2010 a développé les investissements d’avenir notamment à travers les Labex. Un Labex = un Laboratoire d’excellence, regroupent trois objectifs majeurs :

    • l’augmentation de l’excellence et de l’originalité scientifique
    • l’excellence au niveau des cursus
    • le fait de s’inscrire dans la stratégie industrielle territoriale

Le professeur Watier pilote le Labex MabImprove qui coordonne 14 équipes de recherche 7 équipes à Tours et 7 équipes à Montpellier.

Intervention de Monsieur Patrick Hibon De Frohen nous a développé le métier de pharmacien dans les biotechnologies :

– Actuellement beaucoup  d’AMM concernent des biomédicaments, c’est donc un secteur qui prend de plus en plus d’ampleur. Son objectif est de mettre en avant les formations allant du bac au doctorat à travers le projet d’avenir Bio³ Institute qui porte sur deux objectifs :

    • la modernisation et l’extension des formations en alternance avec des mises en situations professionnelles
    • la dimension nationale des recrutements en proposant des logements

– Le projet Bio³ Institute est un bâtiment de 1.800 m2 réunissant des salles de cours et un plateau technique permettant des mises en situation professionnelle sur des équipements pilotes de bioproduction. Cet institut de formation et 160 logements pour faciliter l’enseignemenst par alternance seront situés rue du Plat d’Etain, et ouvriront leurs portes début 2016.- De nouveaux projets de formation seront mis en place au niveau universitaire. Ces formations répondront à ce que demandent les industriels et ce dont ils ont besoin. En effet, avant de proposer les différentes formations, des études ont été menées auprès des industriels.

Ils proposeront notamment pour les étudiants en pharmacie :

    • un Master 1 et 2 professionnel en « Bioproduction de Biomédicaments et Biocosmétiques »

 (Ces formations devraient normalement débuter en 2017).

Et pour les autres une licence professionnelle « contrôles et analyses des biomédicaments et biocosmétiques »

– Les pharmaciens diplômés de ce master pourront exercer différents types de métiers, dans différents secteurs :

    • en Recherche et Développement, un pharmacien pourra être chercheur, chef de projet, responsable en affaires réglementaires ou encore responsable en pharmacovigilance…
    • en Production, il pourra être responsable en bio-production, faire du contrôle qualité, de l’assurance qualité…

En partageant avec nous leurs expériences personnelles et en répondant à nos questions durant la conférence et le cocktail qui clôturait l’événement, les étudiants et les professeurs ont pu avoir de réels échanges et une vision plus précise des biotechnologies rouges qui est un secteur d’avenir.

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